La nouvelle vue sur un forum claque comme un coup de fouet. Lou Reed est mort.

Et le déchaînement médiatique commence, les journaux télé qui n’ont jamais évoqué ce mec débordent de guimauve et cherchent des « réactions », Manœuvre comme d’habitude étant le premier à dégainer une connerie, en le comparant à Gainsbourg.

Alors, au-delà des concerts de louanges post mortem et mesquins, voici mon histoire avec le vieux Lou.

Le premier disque entendu à sa sortie en 1972, c’est tout bêtement Transformer, cette chronique minimaliste d’un New York underground, peuplé de travelos, de prostituées, de drogués, et ce qui m’avait marqué c’était cette voix détachée, Lou Reed dans ce disque est un spectateur, narrateur froid, cynique et blasé… J’adore ce disque, sa pochette, aussi j’achète son premier album solo. Déception.

The Velvet Underground

Alors, je cherche les albums du Velvet quasiment introuvables, le premier trouvé est Loaded, que je trouve pas mal sans plus, mais par un soir froid de l’hiver je tombe à St Michel sur les trois premiers VU.
Alors là…

La voix de Nico sur le premier, les stridences de John Cale sur White Light/White Heat, les paroles de « I’m Waiting for My Man », « Heroïn » et les fausses balades du premier album, et cette pochette la fameuse banane, et celle du troisième, de jeunes gens bien sages ?

velvet-underground-the-velvet-underg-420727

Plongée sans tuba dans l’univers du Velvet, la Factory, les films avec Joe Dalessandro, l’univers trouble de Warhol, le concert du Bataclan à la télé… Pull noir, lunettes noires, jean noir, veste de cuir noire, je suis un clone de Lou surtout en 1974 où pour cause d’armée j’ai les cheveux courts.

Berlin sort. Du grand art. Triste, déprimant, qui attaque l’os.
Je loupe le concert de l’Olympia, quand il se pointe tout blond avec des croix gammées dessinées dans les cheveux, la coupe qu’il aborde sur la pochette de Sally Can’t Dance.

Mais en 1974, le grand album est Rock’n’Roll Animal, le mariage des mots du Velvet et du son de Motor City. L’intro de « Sweet Jane » chauffée dans les forges de l’enfer par le duo Hunter/Wagner est un pur bonheur, un moment de metal ultime.

Qu’on ne retrouve pas dans Metal Machine Music, larsen sur quatre faces, je commence à penser que Lou Reed se fout du monde.

Mais le concert de 1974 au Palais des Sports avec Doug Yule à l’autre guitare est un grand moment même si sur scène Lou n’est pas un grand performer.
Coney Island Baby sonne un peu creux, la suite de R’n’R Animal en 1975 est moins percutante, les concerts sont en demi-teinte, on ne retrouvera jamais la magie du Velvet ou la puissance de Hunter/Wagner.

Peu à peu je me détache de l’univers de Lou, ses albums des années 1980 me passent au dessus de la tête.
Un petit regain avec le superbe New York et surtout Songs for Drella, l’hommage à Andy Warhol enregistré avec le frère ennemi John Cale.

La reformation du Velvet en 1993, puis la sortie du superbe coffret Peel Slowly and See seront mes derniers achats discographiques.

J’ai vraiment aimé Lou Reed, pendant les années 1972/1976, puis peu à peu je me suis éloigné de son univers, en plus les nombreux articles et interviews démontraient que c’était un vrai trou du cul, prétentieux, vil et pédant.

Il a eu la chance de créer le Velvet groupe culte et fantastique mais il ne faut pas oublier l’apport énorme de John Cale dans cet univers musical.

Devenu une légende vivante, il aurait tant aimé la reconnaissance du grand public comme Bowie, Dylan… mais celle-ci n’est jamais arrivée, ce qui n’a pas amélioré son caractère.
Reste les chansons, superbes, mais peut être trop nombrilistes, trop new-yorkaises…
En tout cas, Lou Reed, m’a donné envie de New York, m’a fait aimer, rêver et sublimer sa ville.

Bayou

Publicités