Black Sabbath BercyLe lundi 2 décembre 2013 dernier, le groupe fondateur du heavy metal investissait le Palais Omnisport de Paris Bercy. Pas moins de trois membres de la rédaction (Red One, Acétone et Tomtom) étaient présents sur place afin de vous livrer leurs impressions sur ce concert attendu de longue date.

Amis lecteurs, oui, vous ne rêvez pas, Forces Parallèles était au concert de Black Sabbath.

  • Ce qu’en a pensé Red One 

Le grand retour de Black Sabbath en France, voilà quelque chose que certains attendaient depuis… Oooh, je ne sais même plus en fait.
En ce qui me concerne, j’avais pu assister au concert parisien donné par Heaven & Hell en 2009 au Casino de Paris, à l’occasion de la tournée de l’album The Devil You Know. Heaven & Hell n’étant qu’un avatar de Black Sabbath sous un patronyme alternatif, on pouvait légitimement dire que la dernière venue du groupe de Birmingham remontait à 4 ans.

Entre temps, les choses ont beaucoup bougé, mais je vais vous épargner un rappel des faits long et fastidieux que j’ai déjà effectué dans ma chronique de l’album 13 il y a quelques mois.
Je rappellerais cependant qu’un concert du groupe était prévu à Bercy au début de l’été 2012 mais s’est vu finalement annulé en raison de l’état de santé de Tony Iommi. Entre temps, Iommi s’est remis (ça rime tient) et le groupe est reparti sur les routes défendre son brillant nouvel album.
Nous voici donc en ce lundi 2 décembre 2013, plus de 4 ans après le Casino de Paris, et voici le retour tant attendu de Black Sabbath à Paris en compagnie d’Ozzy Osbourne.

Arrivés devant Bercy, c’est à une marée humaine que nous devons faire face. Une queue de plusieurs centaines de mètres s’étire au loin, et les metalheads aux vestes à patches chamarrées se font toujours plus nombreux de minute en minute.
Heureusement, les portes du Palais Omnisport ne tardent pas à s’ouvrir, et la foule investit les lieux.
Une fois dans la salle, on ne peut que tomber en arrêt devant l’impressionnant décor de scène que Black Sabbath a installé sur place : une immense toile noire soutenant des écrans géants dont les contours reproduisent une gigantesque forêt calcinée. Une référence à la pochette du dernier album 13, et à son brasero porte-malheur ?

La première partie est assurée par un groupe de stoner britannique encore un peu méconnu, Uncle Acid & The Deadbeats, dont le look semble être une copie de celui qu’avaient les membres de Black Sabbath dans les années 1970 !
Question son, c’est intéressant, mais pas foncièrement original : certains morceaux sont un peu répétitifs, et si l’énergie du groupe est indéniable, on ne peut s’empêcher de trouver que leur répertoire n’est pas très adapté à une salle comme Bercy.
Quelques morceaux groovy et aux riffs intéressants se démarquent du lot, mais Oncle Acide et ses Deadbeats semblent un peu se complaire dans une recette maintes fois répétée par la plupart des groupes de stoner/doom depuis déjà près de 15 ans…
Intéressant toutefois, un groupe à suivre…

Mais trêves de bavardages. Car les milliers de spectacteurs présents ce soir à Bercy ne sont là que pour une seule et unique chose : le SABBATH. Bien vite, un rideau noir tombe sur la scène afin que les roadies préparent le plateau, et deux images du petit démon Henry (la mascotte du groupe) apparaissent de chaque côté. C’est alors qu’Ozzy surgit en ombre chinoise derrière le rideau et nous lance son mythique rire sinistre.
« ARE YOU READY ???? »
Le rideau tombe. Ils sont là, mes héros de toujours. La guerre doom commence, tant sur scène que dans la fosse.

La prestation scénique d’Ozzy était l’un de nos gros sujets d’angoisse quelques heures avant le concert. Le chanteur historique du groupe ne nous avait en effet pas trop rassuré sur le pourtant très bon DVD « Live… Gathered In Their Masses« , enregistré en avril/mai 2013 à Melbourne et sorti le 26 novembre dernier.
Mais est-ce réellement le même homme que j’ai en face de moi ce soir ??? Ozzy court partout, investit réellement l’espace, et s’adresse à toutes les parties du public, ne laissant personne de côté ! Sa voix est également en très grande forme, et peu de fausses notes sont à relever…
Tony et Geezer sont fidèles à eux mêmes, comme toujours. Le son est colossal, presque parfait, on entend chaque note de chaque morceau à la perfection, aucun soucis technique ne vient ternir la performance des Iron Men.

La set list est en revanche beaucoup plus prévisible, pour peu que l’on soit un aficianado. Mais la présence de trois titres du dernier album apporte un vent de fraîcheur salutaire à cette nouvelle tournée mondiale de Black Sabbath en compagnie d’Ozzy Osbourne. Si la présence de « God Is Dead? » et « End Of The Beginning » dans la set list était un peu logique (il s’agit des deux premiers singles du nouvel album), en revanche quelle n’est pas notre surprise d’entendre un « Age Of Reason » auquel on ne s’attendait pas !

D’autres titres un peu plus rares égayent une set list essentiellement axée autour des grands classiques du groupe : on redécouvre ainsi avec grand plaisir « Under The Sun », monument doom extrait de Vol.4 (1972), et la plus méconnue « Dirty Women », tirée de Technical Ecstasy (1976), un morceau durant lequel sont projetées sur les écrans géants de la scène des images plutôt coquines tirées de films pornographiques des années 1960…
Le reste de la set list est, je l’ai dit plus haut, essentiellement composé de classiques issus des trois premiers albums (bien que Master Of Reality, l’album de 1971, soit un peu sous-représenté, chose curieuse). Comme de bien entendu, nous n’aurons droit à rien de Sabotage (1975)…

Les seaux d’eau volent les uns après les autres, Ozzy tire des tronches à mourir de rire, le public pogote à n’en plus finir, certains spectateurs à côté de moi n’hésitent même pas à allumer des pétards pendant « Into The Void » et « Snowblind »…
Le concert se termine enfin. Ozzy, Tony, Geezer et le petit Tommy Clufetos disent au revoir, l’émotion est immense. C’est fini. Les légendes s’en vont. Le public met une minute à reprendre ses esprits. Nous sortons.
Nous n’en revenons toujours pas.

Black Sabbath s’est tenu devant nous. La messe a été dite…
On se donne rendez vous quand messieurs ? Au Hellfest 2014, dans quelques mois ?
À suivre !

Red One

  • Ce qu’en a pensé Tomtom 

Black-Sabbath-2013-604x639Même dans ses rêves les plus fous, qu’est-ce que le fan de Black Sabbath qui va voir ses idoles en 2013 était en droit d’espérer ? Un bon concert, certes, bon parce que c’est Black Sabbath. Mais peut-être un concert au goût de dernier tour d’honneur, avec une set-list aux allures de mauvais best-of histoire de ne pas prendre trop de risque et servi par un groupe quadragénaire qui ne se mouille pas plus qu’il ne faut.
Pour être honnête, voilà l’état d’esprit dans lequel je me suis rendu à Paris Bercy le 2 décembre dernier. Quelle heureuse désillusion. Vers 23h, on nous en avait persuadés : voir Black Sabbath en 2013 était devenu aussi important que de les avoir vus dans les années 1970.

Dès l’intro de « War Pigs », un truc saute aux oreilles : les mecs se sont payé le meilleur son jamais entendu à Bercy. La guitare d’Iommi remplit tout l’espace disponible, et nous est retranscrite avec une précision ahurissante. La basse de Geezer, auquel on ne rendra jamais assez hommage pour son travail fantastique, itou. Ozzy apparaît rondouillard, souriant, louchant, plein d’honnêteté et manifestement content d’être là. Sa voix dérape quelques fois, mais rien du niveau de ce qu’on nous prédisait.

Après deux heures de concert, on se dit même que ce gars-là est un génie : en haranguant la foule à chaque solo, il parvient à décupler leurs portées cathartiques jusqu’aux limites de l’hystérie. Je n’ai jamais été aussi excité d’entendre celui de « N.I.B » qu’avec les « hey hey hey », « jump! » et autre « go crazy » de ce soir-là…

Indéniablement, même 43 ans après sa création, « Black Sabbath » reste le point d’orgue du show. Le reste s’enchaîne à merveille : la moitié de Paranoid, autant du premier album, deux missiles de Master Of Reality, puis « Snwoblind » et le dantesque « Under The Sun ». Après le concert j’ai textoté un autre scribe de ce live-report pour être sûr de l’avoir bien entendu, je n’en revenais pas.

De même, les deux nouveaux titres « God Is Dead? » et « End Of The Beginning » fonctionnent parfaitement. Il faut dire que les écrans géants et les caméras HD rehaussent sacrément l’expérience. Au final, les seuls quelques petits défauts relevés ne seront jamais venus ternir la beauté de la performance qui nous a été servie le 2 décembre. D’accord, « Age Of Reason » n’est pas du niveau des autres titres de 13 joués auparavant sur la tournée, « Loner » et « Methademic ». Mais bon, après avoir entendu « Fairies Wear Boots » on est prêt à tout accepter. Et puis si Tommy Clufetos n’aura jamais l’amplitude de la frappe de Bill Ward (trop carré, en somme), son « Rat Salad » était tout simplement énorme. Sincèrement, bravo messieurs, et merci.

Tomtom

  • Ce qu’en a pensé Acétone :

BLACK SABBATH - 13Je ne m’attarderai pas longtemps sur l’histoire récente du groupe mais il s’est tout de même passé pas mal de choses chez Black Sabbath ces dernières années… Retour d’Ozzy à la fin des années 1990 avec, déjà, l’attente d’un nouvel album, puis retour de Dio sous le patronyme Heaven & Hell. Puis décès de Dio, puis promesse d’un nouveau disque avec Ozzy, puis cancer du guitariste Tony Iommi, puis… Finalement le nouveau disque est arrivé en juin dernier.

L’attente en valait largement la peine vu la qualité de ce 13 qui a largement dépassé toutes mes espérances… Malgré le prix exorbitant des billets, malgré la peur qu’Ozzy fasse un massacre, j’étais extrêmement tenté de voir cette légende sur scène… Et bien m’en a pris !

Comme le décrit Red One, je me suis trouvé moins d’une heure avant le début du concert dans une file d’attente qui avançait certes vite, mais qui ne désemplissait jamais. Devant un parterre déjà aux 3/4 plein (et des gradins pleins, eux aussi, de mémoire), le groupe de première partie Uncle Acid & The Deadbeats entre en scène.

Ayant cessé de m’intéresser aux premières parties de ce type avant les concerts, c’est donc la surprise. En fin de compte plutôt positive cette fois-ci. Le groupe officie dans un stoner aux relents de Black Sabbath/Motörhead/Iron Maiden (suivant les moments, rayez la ou les mentions inutiles) avec une touche de psychédélisme. Sans être passionnant (du moins sans connaître les compos) c’était plutôt agréable, j’ai apprécié l’apport du chant, un peu aigu mais pas criard, posé.

Black Sabbath Bercy 2013 (c) Acétone
Black Sabbath Bercy 2013 (c) Acétone

Suite à cette mise en bouche, 20 minutes de pause, le parterre se densifie, puis les lumières s’éteignent. Sous une ambiance de bombardements avec sirènes, les premiers accords de « War Pigs » résonnent…LA CLAQUE !

C’est empli de frissons que le décalage entre la première partie et le Sab’ se fait ressentir (effet bien sûr accentué de manière artificielle par la différence de son). Ozzy commence à chanter et là c’est le soulagement : son parfait, puissant, ample, parfaitement équilibré entre les différents instruments, une basse plus qu’audible (crucial), et un Ozzy qui chante exactement comme on le voudrait ! Que demander de plus ?

Je ne m’attarderai pas sur la set list pour éviter une redondance avec les propos de Red One. Mise à part la déception de ne pas avoir entendu d’extraits des albums Sabbath Bloody Sabbath et Sabotage. elle a bien rendu hommage aux classiques des autres albums, et les titres de 13 étaient interprétés de manière majestueuse, autant que je l’avais espéré après mes nombreuses écoutes du disque.

Chaque membre du groupe était un élément essentiel à la réussite de ce concert. Ozzy est décidément un sacré frontman qui se met le public dans la poche dès son entrée sur scène, d’autant plus qu’il était en forme vocalement. Tony Iommi touchant par la présence et la classe qu’il dégage. Geezer Butler admirable par la manière dont ses lignes de basse ont sonné ce soir. Et enfin le batteur Tommy Clufetos solide et impressionnant lors de son solo de batterie.

Les craintes que je pouvais avoir les semaines précédant le concert ont été balayées comme un château de cartes par ces deux heures de concert qui nous ont rappelé qui sont les Maîtres.

Acétone

  • Line-up de Black Sabbath 

Ozzy Osbourne (chant)
Tony Iommi (guitare)
Geezer Butler (basse)
+
Tommy Clufetos (batterie)
Adam Wakeman (claviers – non présent sur scène -)

  • Set list du concert :

War Pigs (Paranoid)
Into The Void (Master Of Reality)
Under The Sun (Vol. 4)
Snowblind (Vol. 4)
Age Of Reason (13)
Black Sabbath (Black Sabbath)
Behind The Wall Of Sleep (Black Sabbath)
N.I.B. (Black Sabbath)
End Of The Beginning (13)
Fairies Wear Boots (Paranoid)
Rat Salad (Paranoid)
+ Tommy Clufetos drum solo
Iron Man (Paranoid)
God Is Dead? (13)
Dirty Women (Technical Ecstasy)
Children Of The Grave (Master Of Reality)

Rappel :
Intro Sabbath Bloody Sabbath (Sabbath Bloody Sabbath)
Paranoid (Paranoid)

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