Billy GibbonsWilliam Frederik « Billy » Gibbons
Aka « The reverend Willy G », « King Billy »
Né le 16 décembre 1949 à Houston , Texas, USA.

Billy est né dans une famille aisé de musiciens, son père est chef d’orchestre dans l’industrie musicale du cinéma, à la MGM. Il débute la guitare à l’age de 13 ans. Son seul groupe important avant le Top sera celui des MOVING SIDEWALK, crée lors de ses années d’étudiants à Los Angeles, un album sortira avec cette formation.

C’est à cette époque qu’il croise la route de Jimi HENDRIX en ouvrant pour l‘EXPERIENCE, malgré son jeune age, le jeune Billy ne s’en laisse guère compter et une réelle complicité amicale naît entre les deux hommes. Jimi n’hésitera d’ailleurs pas à évoquer Billy comme l’un des futurs très grands, et lui donnera la fameuse Stratocaster rose un soir après un boeuf mémorable.

Guitare Billy Gibbons

Les choses sérieuses débutent alors : fin 69, il crée ZZ TOP en compagnie de Franck Beard et Dusty Hill. Les 3 texans du « Little old band from Texas » vont rapidement devenir des pointures du blues rock, suite à leur deux premiers albums ZZ Top puis le superbe Rio Grande Mud ou Billy fait déjà preuve d’un niveau remarquable mais surtout d’une approche originale de son instrument, voyez plutôt ses interventions sur « Francine ».

Mais c’est avec l’époumonant Tres hombres en 1973 que le Top accède à la notoriété Internationale, on y retrouve certains des plus grands classiques du groupe. Ainsi, la prestation des texans en habits fleuris sur le standard « la Grange », tiré de l’album est très révélatrice de leur mise en place

C’est cependant sur les blues lents que le talent de soliste de Billy prend tout son sens, ses interventions sont autant de chefs d’oeuvre qui ne laisse aucune place à la médiocrité, et je ne vous parle pas de ratage, le jeu de Billy est toujours juste, ses digressions, bien que peu volubiles, sont toujours de bon aloi. En cela il s’impose comme un véritable esthète de son instrument. Une simple note jouée par le révérend peut sonner mieux qu’une descente supersonique de n’importe quelle gamme, comme sur la démoniaque « Jesus just left chicago », nous sommes très loin d’un état d’esprit de shredder. Tout est dans le toucher, le grain, la vibration.

Billy Gibbons

Il parvient ainsi à créer des soli qui accompagnent totalement la chanson et l’embellissent, n’étant en rien des élans démonstratifs. C’est là que se situe sa grande force. A cette époque Billy utilise essentiellement sa Gibson Les Paul de 1959, la légendaire « Pearly Gates ». Le son de Gibbons et donc du Top vient selon ses propres dires de son utilisation.

Les années passent, le jeu de Billy devient de plus en plus fin, il en devient aisément identifiable, esthétique tout en restant rugueux. Mais les texans vont sentir le vent du changement à l’aube des années 80, l’évolution des genres musicaux permet à Billy, personnage énigmatique désormais sempiternellement caché par sa barbe de prospecteur, de créer un son nouveau, bien qu’à nouveau parfaitement identifiable. C’est la consécration quand sort Eliminator en 83, avec ses compositions cyber boogie assorties de vidéos bubblegum mêlant bagnoles et gonzesses torrides, « Gimme all your lovin » en est le plus bel exemple, chef d’oeuvre de modernité qui va permettre au groupe d’accéder à la caisse à dollars de Fort Knox.

Billy GibbonsEt comme pour insister sur le coté superficiel de leur démarche, les guitares se transforment à leur tout… en peluche ! c’est aussi le moment ou Billy switche vers les guitares à forme Explorer.

Comme vous le constatez, le style des solos de Billy restent sans compromission, toujours aussi gorgé de blues, chacune des interventions en solo de l’album sont autant de moments d’anthologie, voyez plutôt la superbe « I need you tonight ».

Pendant dix ans, le barbu va se tailler une réputation énorme, comme Hendrix l’avait prédit, puis la qualité de ses compositions va baisser graduellement, le groupe aura moins de succès, comme le veut la mode. La guitare restera cependant toujours à un niveau phénoménal, j’en veux pour preuve la reprise de « Teddy Bear » d’Elvis sur l’album XXX – sans doute à mon sens leur moins bon – effectué avec Dusty au micro, et comportant deux soli d’une phénoménale densité.

Depuis la fin des années 90, Billy a considérablement augmenté sa collection de guitare – plus d’une centaine -, et s’est peu à peu rapproché d’une certaines perfection, en tout cas d’un « idéal » avec les guitares Dean et Gretsch, très nombreuses sont aujourd’hui les guitares qui portent son nom, la plus célèbres hormis la Les Paul Burst de la porte perlée étant la Jupiter Thunderbird, blanche aux mécaniques dorées. C’est la désormais guitare emblématique de Billy, crée par Ed Roman « pour le compte » de Gretsch, la « Billy Bo » ainsi nommé en hommage à Bo Didley. Billy en possède une trentaine.

High Voltage 2010 - ZZ Top

Après des années passées à faire le couillon sur les plateaux de télé et cuisiné ses tacos à toutes les sauces possibles imaginables, le révérend est ressuscité sur le dernier album du top en date, retrouvant son niveau de composition, et délivrant des solos d’une finesse hallucinante, comme sur « It’s too easy for manana »

Contrairement aux idées reçues, Billy n’est plus célibataire et s’est marié en 2005 avec sa long time gril friend. Il aime jouer les guest, organise des partys mémorables, marie les gens de temps à autres – Il a été ordonné Révérend depuis le mariage de l’un des destroyers de Georges Throrogood -, joue un peu dans « Bones » où il est le papa d’Amanda « Pearly Gates » Montenegro…

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Un personnage attachant doublé d’un musicien exceptionnel, Billy est à 64 ans un des artistes les plus connus au monde… Et pourtant, je gage que personne ne le reconnaîtrait sans sa coiffe de chef africain et sa barbe. Dieu seul sait de quoi il aurait l’air, le révérend !

Erwin

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