Le 16 janvier 2016 le groupe Cotton’s Belly avait donné rendez-vous à ses supporters dans l’antre de la flèche d’or, afin de célébrer en grande pompe le lancement de l’album Rainy Road. Précisons que la date retenue à la base dans ce haut lieu du XXe arrondissement de Paris fut le 20 novembre 2015 (veille de la sortie officielle du disque), les événements en auront décidé autrement.
Après une première partie assurée par le groupe Bogart, l’électricité monte de plusieurs de crans alors que le groupe démarre son concert avec « Wrong », un titre ample et Zeppelinien issu du nouvel opus. La set-list qui s’ensuivra sera majoritairement composée de des morceaux de celui-ci. On aura tout de même droit aux hypnotiques « This Day » et « Mambo » enchainés comme il se doit et à « Greatness » en rappel comme pour confirmer la tendance lourde en direction du rock. Cependant un concert des p’tits gars reste comme d’habitude un moment festif, « Cotton Jig » est l’occasion de faire participer les présents une dernière fois à la fête, laquelle fut fort appréciée par le public.
Dans la foulée de cette  soirée de lancement, les Cotton’s Belly ont accepté de répondre à nos questions.

L’album Rainy Road, est paru fin novembre 2015, alors que vous aviez beaucoup tourné auparavant dans l’année, permettant au public de découvrir de nouveaux titres, qu’en sera-t-il pour 2016, car sur votre site officiel seules quelques dates sont  annoncées ?

Nous préparons en effet du mieux que nous le pouvons un maximum de dates pour 2016, c’est un travail de longue haleine, toutes les dates ne se confirment pas ensembles, elles arrivent au fur et à mesure…

La soirée de lancement de l’album Rainy Road dans une Flèche d’or remplie comme un oeuf fut une réussite, le concert a d’ailleurs été filmé, que comptez vous faire de cette vidéo ?

Ah ! nous y travaillons justement, nous sommes entrain de faire monter les vidéos (avec 5 caméras, le montage peut prendre du temps). Nous sommes d’ailleurs très fiers de travailler en collaboration avec Why so serious production qui fait un super travail! nous avons vu les premières images, ça s’annonce très très bien! En parallèle, nous faisons également mixer la musique afin d’avoir un très bon son pour accompagner les images…Bref tout ça pour vous les présenter sur la toile d’ici peu de temps.

À cette occasion l’album a été interprété en quasi totalité, avez vous l’intention de poursuivre votre tournée avec des set-lists qui comprendront autant de morceaux de Rainy Road ?

Tout dépend du temps pour lequel nous sommes programmés mais si l’on nous accorde 1h30 et bien oui, nous ferons des set-lists aussi fournies en Rainy Road.

On note que votre musique est passée d’un style « folk/blues rural » à dominante acoustique vers une tendance nettement plus lourde, électrifiée et urbaine. Comment expliquez vous cette évolution ?

Nous glissons tout simplement au gré des répétitions et autres concerts, nous avons démarré l’aventure il y a onze ans avec ce son blues rural, son pour lequel nous gardons une profonde affection, d’ailleurs nos « répétitions de chambre » en acoustique portent encore cette couleur…bref nous avons eu le temps d’explorer d’autres contrées ou tout simplement de mettre en pratique des sons plus électriques qui faisaient partie de nous depuis le début. Nous nous laissons porter par les envies, nous explorons sans trop nous fixer de barrières.

Il y a une constante qui saute aux oreilles dans les textes de Yann , un goût pour la sonorité des mots employés, d’où te vient ce goût ? As-tu été influencé par un auteur en particulier ?

Et bien en fait non, j’ai une écriture en anglais plus musicale qu’intellectuelle, c’est à dire que je mets la musicalité des mots en priorité, bien sûr j’articule le tout pour que cela ait un sens mais je me sers d’avantage de mon chant comme d’un instrument. Cela ne veut pas dire que je néglige le sens et les messages de mes textes, j’écris en mêlant ces deux préoccupations.

Une autre constante stylistique et caractéristique provient du jeu de guitare lead de Jérôme, celui-ci est très fluide, aérien, quels sont les guitaristes qui t’ont le plus inspiré dans cette voie ?

(Jérôme) Je m’inspire de guitaristes tels que Warren Haynes et Eric Clapton qui ont des jeux de guitare qui restent « blues » tout en étant polyvalents. A partir de là j’essaie de m’influencer de leurs jeux pour construire mes propres phrasés afin d’essayer de me démarquer d’un jeu blues « standard » tout en faisant passer mes émotions.

CBP2

Comment fait-on pour parvenir (comme c’est votre cas) à vivre de sa musique alors qu’on fait parti d’un « petit » groupe de blues rarement mentionné dans les médias mainstream ?

Et bien on ne lâche rien, on a la chance en France de bénéficier du régime de l’intermittence du spectacle ce qui nous permet de vivre décemment tout en vivant notre métier à fond, répétitions, promotion, production, démarchage, etc… c’est beaucoup de travail et nous restons indépendants malgré tout. On a fini par y arriver à force de persévérance mais rien n’est jamais acquis, il nous faut désormais rester vigilants pour rester à bord. Pour répondre à votre question, l’organe le plus solide dans notre métier pour continuer à exister est le public. Puisqu’on ne correspond pas aux critères de séduction des médias mainstream, on se crée notre bulle à nous avec notre public de plus en plus nombreux, avec lui le rapport est sincère, solide et direct, il résiste au temps car il n’y a aucun calculs, tout est vrai et ressenti. Cela prendra peut-être beaucoup plus de temps d’obtenir une reconnaissance à grande échelle (ou alors jamais d’ailleurs) mais au moins nous aurons eu le plaisir d’avoir un public loyal et de grande qualité jusque-là, c’est aussi grâce à lui qu’on s’accroche et qu’on le courage de continuer – petite parenthèse, merci à vous tous !!!

On note votre participation à la finale du 3ème Challenge Blues Français qui se déroulera à Nantes le 26 août prochain. Ce n’est pas la première fois que vous vous engagez dans des concours, concours que vous remportez régulièrement, est-ce par goût pour une forme de compétition ?

En fait il est vrai qu’en onze ans nous avons participé en tout et pour tout à 4 ou 5 tremplins surtout au début. Pour être honnête le goût de la compétition n’y est pas du tout bien que lorsqu’on se retrouve dans le jeu, la pression est quand même présente. Non, nous voyons ce genre d’opportunité comme des moyens de promotions, de faire connaître notre nom puis il faut bien l’avouer, cela fait du bien d’avoir la reconnaissance de professionnels de la musique, on s’investit tellement dans ce projet que cela ne fait pas de mal de temps en temps. Des tremplins comme le coup de coeur de la Fondation orange 2015 ou encore le 3ème challenge blues Français sont des opportunités énormes, alors on y va!

L’IBBA (Independant Blues Broadcasters Association) vient de placer Rainy Road en tête de ses charts en Angleterre, des webzines britanniques commencent à vous chroniquer, existe-t-il des opportunités pour vous permettre d’aller jouer là-bas ?

Oui ce serait super, les opportunités se trouvent en cherchant et on ne va pas tarder à s’y mettre…

Enfin, je sais que l’album est encore tout frais, néanmoins quelles seraient vos envies d’évolution, comment envisagez-vous la suite ? Quel serait votre rêve artistique le plus fou ?

Du coup en ce moment on répète déjà pour la suite de nos créations mais il est encore trop tôt pour dire à quoi cela va ressembler, nos futures chansons sont encore à l’état embryonnaire, nous avons hâte de le savoir nous même d’ailleurs…*

*Depuis ces dernières nouvelles, il est par ailleurs question de la réalisation prochaine d’un EP, possiblement courant 2016

Long John Silver

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