Salut ! Peux-tu nous présenter le groupe, son concept ainsi que ses membres et leur parcours musical ?

Féroces est un trio bisontin, composé de Sébastien à la basse et aux claviers, de François à la batterie et de moi-même (Jérôme) à la gratte. On a tous joué dans pas mal de projets différents : Gantz, Asidefromaday, You Witches, Traders, Hiro, Stellardrive, etc.…
On s’est réuni pour faire un projet à tendance post rock au sens large. On avait envie de créer des ambiances, de jouer des trames mélodiques. On se retrouvait autour de groupes phares comme Mogwai ou Explosion In The Sky, pour citer les plus classiques. On a commencé il y a un peu plus d’un an avec un deuxième guitariste, Lomlom, et Fre à la batterie. On s’est retrouvé très vite à trois, sans l’apport d’une deuxième guitare. Il nous fallait tenter des trucs, en ajoutant des voix, des machines. On a composé pas mal de trucs différents et on a gardé ce qui fonctionnait. Si le chant n’apportait rien d’original et nous ramenait inévitablement à nos groupes précédents, les samples de voix donnaient une autre dimension à nos chansons et nous permettaient de véhiculer des messages par la bouche d’autres. J’ai toujours été attaché à la langue française et j’ai voulu mettre un peu de ma culture cinématographique dans Féroces. Les extraits sont soigneusement choisis afin de traiter de sujets qui nous font écho, comme l’amour et ses désillusions, la maladie mentale, le deuil, la nature humaine,… La vie en quelque sorte…

Qu’est-ce qui vous a motivé à monter ce projet ?

J’ai toujours joué dans des groupes. C’est ma passion première, ma catharsis. Je ne me verrais pas faire autre chose alors logiquement j’ai lancé un nouveau projet après le split de mon dernier groupe en date, You Witches. La motivation commune est toujours la même : prendre du plaisir à jouer de la musique. On ressent tellement d’émotions par ce biais. Alors Féroces, c’est juste la réunion de trois passionnés de musique depuis des années qui veulent créer, sortir des disques faire des concerts, rencontrer des gens. On essaie de faire ce groupe le plus sérieusement possible, sans pour autant se prendre au sérieux avec le temps que l’on a de disponible en dehors de nos emplois du temps de ministres, partagés entre travail et vie de famille.

En écoutant vos premiers morceaux j’ai immédiatement pensé à des groupes comme Mogwai, Godspeed You Black Emperor, ou même encore au groupe de métal expérimental Hypno5e dans la façon d’utiliser des samples avec des dialogues de cinéma. Peux-tu spécifier quelles sont vos influences directes ?

Franchement je ne connais pas du tout Hypno5e, je vais jeter une oreille tout de suite. Au niveau des influences, on se retrouve autour de pas mal de groupes. Mogwai effectivement, et surtout pour le côté aventureux de leur carrière aux facettes multiples, From Monument To Masses, qui est juste l’un des meilleurs groupes que j’ai vus en live, ou encore Microfilm (de Poitiers) avec qui on partage ce côté cinématographique. On a été assez vite d’accord pour dire qu’on ne voulait pas faire du post rock lent et glauque, mais plus quelque chose d’assez dynamique. On n’est pas non plus branchés Math Rock. Les plans compliqués (même si on saurait les jouer) ne nous attirent pas. On veut faire des morceaux avec des couplets, des refrains, des structures assez simples. On assume le coté « pop » ou « new wave », car rien de plus chouette qu’une mélodie efficace sans fioritures.

Comment s’est déroulée la composition de ce premier EP ?

Le processus est assez simple. Je compose chez moi, je balance des maquettes et Sébastien fait tous les arrangements, les ajouts de claviers, de machines. C’est vraiment un magicien du son car mes idées sont un gigantesque foutraque et il parvient à les mettre en forme. Après on essaye ça en répète, on garde, on jette, comme la plupart des groupes.

féroces2

Le mois dernier est donc sorti Juliette, le premier Ep 5 titres de Féroces. Quels ont été pour l’instant les retours de la part du public ?

Les retours sont vraiment excellents et ça nous a fait vraiment plaisir qu’autant de gens jettent une oreille à nos morceaux et en parlent autour d’eux. Après on sait que l’on commence et qu’il n’est pas évident de se faire connaître. On n’a pas la prétention ni l’âge de croire, la tête dans les étoiles, qu’on va révolutionner le monde de la musique mais on espère que ça va continuer dans ce sens.

Vous allez faire la première partie de Tortoise en juin prochain à La Rodia. J’imagine que vous devez être hyper honorés de partager l’affiche avec un ténor de la scène post rock. Comment avez-vous réussi à vous retrouver sur cette affiche ?

On était déjà en contact avec la Rodia avant la sortie de l’EP. Ils cherchaient une première partie « post rock » pour le concert de Tortoise et les groupes ne sont plus légion sur Besançon dans le style, alors je suppose que cela leur a semblé plutôt logique. C’est clair que ça nous fait drôlement plaisir, même si je dois avouer que notre musique me semble très éloignée de ce que peut proposer Tortoise maintenant.

D’autres concerts sont-ils au programme en 2016 ?

On cherche des dates. On a écrit à pas mal de gens et on a eu plusieurs réponses positives. On a un week-end de prévu en juin en Bourgogne. Rien d’autre de confirmé pour l’instant mais on devrait pas mal tracer sur la route à la rentrée de septembre.

Jérôme, tu as jadis fondé et dirigé le label associatif “Impure Muzik”, qui est toujours actif à Besançon dans l’organisation d’évènements musicaux. Pourquoi avoir décidé de passer la main ?

J’ai fait partie de ce label pendant plus de 15 ans. Je n’avais plus beaucoup de temps disponible et j’ai donc dû logiquement lâcher l’affaire. Mais je savais que le label resterait actif et que Flo, Floyd et Sylvain (l’actuel bureau de l’asso, N.D.L.R.) continueraient à bien tenir les rênes, alors ça m’a conforté dans ma décision.

Pour terminer cette interview je te laisse le mot de la fin, si tu as un message à adresser à nos lecteurs.

Je me permets de reprendre les propos d’Anna Karina, que nous avons utilisés dans le titre “Tout est beau” :

« Après tout, tout est beau
Il n’y a qu’à s’intéresser aux choses et les trouver belles
Après tout les choses sont comme elles sont, rien d’autre
Un message, c’est un message
Les assiettes sont des assiettes
Les hommes sont des hommes
Et la vie, c’est la vie. »

Watchman

Advertisements